Vu de l'intérieur ou la Raison de l'architecture : biennale de Paris architecture 1985

L'intérieur n'est pas une fin à opposer à l'image architecturale externe. C'est un aboutissement, une lecture en profondeur, entre les lignes, une exploration des cavités, des anfractuosités, des culs-de-sac, des chemins de traverse... On ne peut aborder un tel sujet sans être continuellement interrogé par l'autre côté des choses - positif/négatif, envers/endroit, chaud/froid, sombre/éclairé, public/privé, montré/caché, cadrage interne/cadrage externe, rugueux/lisse, hétérogène/homogène, collectif/intime -, sans être attentif à l'enchaînement des espaces internes, à leur hiérarchie, sans analyser le phénomène de la transition, que cette dernière soit seuil, porche, cadrage, espace vitré...
Si l'extérieur se prête à une succession de vues dans le contexte, plus ou moins rapprochées, à différentes heures, s'il se prête aux effets de zoom et à la description par plans géométriques ou perspectifs, l'intérieur est fait de visions moins évidentes, plus multiples et obligatoirement choisies.
Jean Nouvel