Vingt-huit chants funèbres : poèmes

Méfiez-vous des poètes. Des vrais, j'entends. De ceux qui visent
droit au but, à la jugulaire, là où ça palpite, là où ça fait mal. Les
poètes sont dangereux.
Méfiez-vous de ce livre. Lorsque vous l'aurez lu, il vous faudra
bien admettre que vous avez tout faux depuis que vous ne croyez
plus au Père Noël. En ce temps-là, vous saviez reconnaître une
injustice, claquer un vrai bisou et battre des mains...
L'homme kanak, ce «barde noir chantant l'épopée de l'âge de
pierre», comme l'appelait Louise Michel, reconnaîtra Djé-Jé
Sam Sleno comme l'un de ses enfants. Louise Michel aurait aimé
ces chants funèbres. Louise Michel aimait les enfants.
Une dernière chose. Si vous aimez l'ordre, n'achetez pas ce livre.
Vous aurez du mal à le ranger dans votre bibliothèque. Il y aura
toujours une branche de niaouli, un cri de révolte, un coquillage...
que sais-je encore... un éclat de rire ou l'infinie tristesse des
calcaires noirs du Lindéralique sous la pluie, pour déborder de
ses pages.