Vingt-et-unièmes Assises de la traduction littéraire (Arles 2004) : les villes des écrivains

Vingt-et-unièmes Assises de la traduction littéraire (Arles 2004) : les villes des écrivains

Vingt-et-unièmes Assises de la traduction littéraire (Arles 2004) : les villes des écrivains
Éditeur: Actes Sud
2005260 pagesISBN 9782742758135
Format: BrochéLangue : Français

Trois grandes conférences, diversement reliées à un thème fécond - les villes,

leurs écrivains, leurs traducteurs - font l'excellence de ces Vingt et Unièmes

Assises arlésiennes (2004). En écho, des tables rondes et des ateliers nous

entraînent de Dublin à Prague et à Lisbonne, de l' Ulysses de James Joyce

au Requiem de Tabucchi, en passant par Milosz, Celan, Hrabal.

Dès l'ouverture, Jean-Pierre Lefebvre a placé ces trois journées sous

le signe du mouvement. Posant qu'on traduit en "marchant" et non

point en "marchand", il nous emmène avec Paul Celan, la nuit, dans les

rues parisiennes, déambulant et traduisant, "et il rentrait quelquefois fort

tard chez lui, avec des textes de Michaux, de Char, de Mandelstam, de

Supervielle, peut-être en se les récitant mentalement". Puis Jean-Louis

Backès nous invite à "divaguer au milieu des poèmes", racontant les

voyages en poésie de Philippe Jaccottet d'île en île, traduisant l' Odyssée

d'Homère et les Tristes de Mandelstam. Chaque halte, ici, est un poème.

Belle errance qui, à chaque tour, réinvente écriture et traduction :

c'est à Hélène Cixous entourée de ses "amis", ses traducteurs, qu'il

appartient, dans une magnifique conclusion aux Assises, de "pluridire

d'un coup, comment une ville en est une autre, comment une langue

parle toujours plus d'une autre langue : mots et villes s'échangent, la

ville fait théâtre à mots, les mots font lieu, cité, mines. Le mot cité m'a

toujours incitée à chanter chercher double. J'écris : je cite. Autrement dit :

je traduis. Je suis née en traduction, avec traduction".

C'est, en somme, une sorte d'horizon de la traduction qu'interrogent

ces Assises, partant d'un ancrage ancien des mots dans le mythe, les

lieux, l'enfance, pour aller vers l'infini des traductions possibles. D'où la

cohérence de la table ronde "Retraduire Ulysses ", conduite par Bernard

Hoepffner, où l'errance spatiale et langagière de Joyce s'accommode de

la recherche plurielle, rigoureuse et ludique d'un groupe de traducteurs

(Tiphaine Samoyault, Jacques Aubert, Pascal Bataillard, Michel Cusin)

décidés, sans jamais quitter la logique de la démarche joycienne, à faire

de leur entreprise une "recherche en mouvement". D'où le disparate

inventif de la table ronde "Villes et écrivains", conduite par Jürgen Ritte,

où Nicole Bary à Berlin, Xavier Galmiche à Prague, Patrick Quillier à

Lisbonne et William Desmond à Venise s'interrogent sur les destinées

littéraires de villes "mythogènes" mises à l'épreuve de Babel dans les

avancées d'écritures récentes.

Réflexion, travail en commun, débat : ce sera la conclusion d'une

table ronde ATLF préparée et coordonnée par Olivier Mannoni : "Qui a la

responsabilité d'une traduction ?" Correcteur, "réviseur", "rewriter", préparateur

de copie, ils sont foule à intervenir, après le traducteur, sur un

texte désormais à la disposition de l'éditeur. Comment régler les conflits ?

En connaissant et respectant d'abord la chaîne éditoriale : "Ce respect

de la chaîne éditoriale, c'est un respect de nous-mêmes."

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