Vie rurale et aménagement des pentes dans l'Anti-Atlas occidental Maroc

Vieille montagne présaharienne, l'Anti-Atlas aurait pu n'être qu'une terre de
parcours pour des troupeaux nomades. Or, une grande partie occidentale de ce massif
porte les marques d'une civilisation agraire intense, lisible sur toutes les pentes
aménagées par d'innombrables terrasses.
L'auteur, né au coeur de cette montagne, a voulu recenser, décrire et expliquer ces
constructions plus variées qu'il n'y paraît au premier abord. Tous ces dispositifs ont
certes pour but de retenir un sol trop peu abondant, mais ils ont surtout pour fonction
de piéger tout le précieux ruissellement de pluies trop rares et trop maigres et ainsi
permettre des récoltes d'orge un peu meilleures. Ces artefacts d'irrigation prennent
des formes variées en fonction du relief qui les supporte. Terrasses de versant, maâder
de piémont, dispositifs faïd , vallons aménagés sont autant de formes adaptées à un
environnement primitif accidenté. Partout les pentes sont domestiquées, jusque par
l'habitat entouré de ses aires à battre et d'innombrables citernes vers lesquelles est
détourné le ruissellement pour assurer l'eau « potable » nécessaire à la traversée
d'une longue période sans précipitations.
À la lecture de ce livre on prend la mesure de l'opiniâtreté d'une humanité aux
marges de l'oecoumène et on comprend mieux l'engagement de son auteur pour une
sauvegarde d'un si riche patrimoine.