Vents de grâce

L'auteur estime avoir apporté pendant un quart de siècle, avec
passion, sa pierre à l'édification de son pays ; et avoir reçu pour ses
bons et loyaux services le pire des salaires. Ainsi soit-il. De sa
«retraite» forcée, il lui fallut s'armer de sa plume pour survivre.
À partir de son vécu, Kassim Dembélé «célèbre», telles des fleurs
de l'ombre, les turpitudes des hommes, vieilles comme le monde,
mais qui resteront une source inépuisable d'inspiration. Jetant
résolument son regard sur l'extérieur, par-dessus le «mur», il
retrouve malgré tout dans la société des raisons d'y croire. Rien
n'ébranle en effet son optimisme, ni les furies du fleuve Djoliba, ni
le désastre du fauchage des tours jumelles, ni les gesticulations des
princes du jour. Car selon lui des bastions autrement plus puissants,
symbolisés par l'héroïsme de la gent féminine aux avant-postes, la
force tranquille de la mère, etc., balisent l'avenir.
Tel est le contenu de ces pages griffonnées furtivement pour
rendre grâce, et souffler l'espoir.