Va je ne sais où, chercher je ne sais quoi : contes russes

Il était une fois... Quelques mots, une formule et la
magie opère. La féerie est là, sortie de la forêt
obscure. S'appuyant sur le pilon du mortier dans
lequel elle se déplace, Baba Yaga à la jambe de bois
surgit de la nuit des temps. Elle poursuit les fillettes
et les garçons, les effraie de son allure repoussante,
de ses longs cheveux diaphanes et salis de toutes
les orgies qu'elle a pu faire. Les lambeaux de sa robe
s'accrochent dans les branches d'arbres qu'elle
bouscule rageusement. «Pouah ! Pouah ! ça sent le
Russe !», rugit-elle. Dans sa petite isba perchée sur
des pattes de poulet, le jeune Ivan tsarévitch est
entré pour se reposer, inconscient des supplices
qu'il encoure... La sorcière approche, furieuse et
ravie de ce qu'elle va trouver. «Fais couler un bain
bien chaud, lance-t-elle à sa servante, je vais
manger du Russe pour mon déjeuner.»
Les contes rassemblés dans ce recueil représentent
une petite porte par laquelle il est possible de
découvrir l'une des facettes de notre humanité,
découvrir, de façon souvent caricaturale et
exacerbée, ce qu'est l'âme russe. Ambivalences,
contradictions et étrangetés s'allient, nous donnant
accès au ferment culturel des peuples slaves du
nord. Ces textes, authentiques témoignages d'une
tradition, semblent venus d'un autre temps.