Une possibilité autre que Heidegger ? : l'humanisation de l'être sans-dieu

Heidegger est la dernière autorité philosophique de notre
histoire. Il est le dernier grand initiateur dont le jugement soit
assuré. Il est aussi le dernier homme de l'ancien monde selon
ses trois destinations élevées : le culte, la guerre militaire,
l'aristocratie native.
Depuis 1970, la culture d'esprit d'Homère à Heidegger s'est
effondrée. La réflexion traverse une zone de non-sens et ne peut
s'assurer d'aucune autorité. Prétendre «philosopher» dans le
monde actuel implique d'assumer cet effondrement. Et si en
vertu de la liberté une proposition peut être faite, elle se doit de
se mesurer à l'autorité de Heidegger.
En partant d'une petite lecture d' Être et Temps en français
contemporain, sans érudition, cet essai se confronte à quelques
grands thèmes de la pensée initiée par Heidegger : l'individuation
et la mort, l'histoire, l'oeuvre d'art, la terre, l'être et la technique,
l'être avec ou sans-dieu, l'individuation et la communauté. Il
propose un nouveau sens de l'individuation appelé l' individualité
moderne. Prenant en charge la perte des trois destinations élevées
de l'ancien monde, sa proposition à la fois croise le projet de
Heidegger et s'en écarte. Le but est la justification de la vie d'un
mortel individué sexué devant le néant sans-dieu au-delà de la
technique, c'est-à-dire une humanisation de l'être sans-dieu.