Uliss, héros tragique du normativisme social : essai sur l'ordination des structures éducatives en milieu scolaire : homo ordinator

Nous sommes entrés dans un type de société où le pouvoir de la Loi est
en train non pas de régresser, mais de s'intégrer à un pouvoir beaucoup plus
général : celui de la «norme». Ce qui implique un système de surveillance,
de contrôle tout autre : une visibilité incessante, une classification permanente
des individus, une hiérarchisation, une qualification, l'établissement de
limites, une mise-en-diagnostic. La norme devient le critère de partage des
individus. Du moment que c'est bien une société de la norme qui est en train
de se constituer, la médecine, en tant qu'elle est la science par excellence
du «normal» et du «pathologique», va être science reine. Th.-S. Szasz
écrit : la médecine est la religion de l'âge moderne. D'après M. Foucault,
le pouvoir de la religion du Moyen Âge à l'époque classique, était de type
juridique, avec ses commandements, ses tribunaux et ses pénitences ;
actuellement il y verrait plutôt une succession droit / norme.
La notion de «normativité sociale», selon G. Canguilhem indique une
vie propre au social, tout comme la «normalité vitale» suggère une vie
propre au vital.
Nous retrouvons l'idée centrale d'une polymorphie créatrice de la vie.
Le social produit une nouvelle forme de vie ; «du social au vital», indique
qu'une juste compréhension du social ne peut que ramener la vie vers ce
dernier. Il ne s'agit donc pas d'aller du vital vers le social, mais plutôt de
comprendre comment la normalisation, dont la réponse est une certaine
normalité, invite à reposer la question de la normativité.
L'analyse du social ne conduit pas G. Canguilhem à penser le sujet
social dans le prolongement de l'individu biologique, mais vise à montrer
comment : la position sociale, en produisant la normativité, détermine un
nouveau processus d'individuation.