Trois maîtres : Balzac, Dickens, Dostoïevski

Du Joueur d'échecs à Combat avec le démon , l'oeuvre
entière de Stefan Zweig montre que l'auteur est fasciné par
les grandes aventures de l'esprit humain, qu'elles mènent
celui-ci vers la pensée, l'absolu, l'idéal ou la folie. C'est
de la création romanesque que nous parle ici le grand
écrivain autrichien, à travers trois «géants» du XIX<sup>e</sup> siècle.
Tous trois ont forgé un univers autonome, portant
l'empreinte d'une puissante personnalité, avec ses types
humains, ses lois morales, sa métaphysique. Chez
Balzac, l'élan créateur exprime une volonté de puissance
par rapport à la société ; chez Dostoïevski, l'affirmation
d'un destin tendu entre extase et anéantissement ; chez
Dickens, l'accord entre un génie individuel et les traditions
d'une époque. Chacun incarne ainsi un «type»
d'artiste exemplaire.
Pénétration psychologique, admiration passionnée, intime
complicité d'un romancier avec ses grands modèles, font
de Trois maîtres un chef-d'oeuvre critique inégalé.