Traduire la pluralité du texte littéraire

Universitaires et écrivains sont unis dans ce volume par
plusieurs convictions : on traduit non des langues, mais des
textes dans une langue, avec ce que cela implique d'individuation
d'une écriture qui porte en elle les traces du social
et de l'histoire dans lesquels elle s'inscrit. Il n'est ici de
théorie sans pratique, ni de pratique sans théorie, si l'on
veut éviter les idées reçues sur la fidélité d'une traduction,
la transparence du traducteur, la fluidité, etc. Au fond,
que traduit-on quand on traduit ? Qu'est-ce que traduire
le rythme, l'oralité, la socialité ? Comment traduire les
blancs, la calligraphie, la typographie, un autre alphabet ?
Comment composer avec les tensions matérielles et institutionnelles,
les tensions entre les cultures, entre formes
canonisées et formes individuées ? Qui intervient dans la
traduction ? Telles sont les inévitables questions mises en
jeu pour traduire la pluralité du texte.