Tissus et vêtements chez les écrivains au XIXe siècle : sociopoétique du textile

Habits, vêtements et costumes sont des phénomènes visibles
aux significations multiples : sociales, économiques, politiques,
psychologiques, esthétiques... Les apparences font l'univers
visible du monde social. Elles sont l'objet de jugements, de
stéréotypes, d'images mentales, de fantasmes. Elles varient suivant
les modes et les représentations qui les génèrent et les modèlent.
Aussi les écrivains du XIX<sup>e</sup> siècle plus particulièrement, attachés à
représenter avec réalisme la société, sont-ils partie prenante de ce
monde d'étoffes et de tissus aux formes, textures et couleurs
multiples, laboratoire de leur création romanesque et poétique.
Aussi au théâtre comme dans le roman la panoplie vestimentaire
fait-elle miroiter ses pouvoirs socio-économiques comme ses
multiples séductions. La couturière, la grisette, l'actrice, la
danseuse et la bourgeoise sont entraînées par l'industrie textile,
que ce soit chez Balzac, Zola, Flaubert, Proust, Baudelaire,
Lorrain, Hugo, Gautier, Daudet, les Goncourt et quelques autres.
La vestignomonie permet à l'écrivain de camper les personnages
tout en en dévoilant les caractères tandis qu'à l'érotisme des robes
s'ajoute le bruit des étoffes.