Temps ressenti et temps construit dans les littératures russe et française au XXe siècle

La réflexion sur le temps et ses modes de représentation a été un élément essentiel
des révolutions littéraires et philosophiques du début du XX<sup>e</sup> siècle. De nouveaux
champs d'exploration se sont alors ouverts, aussi bien pour la philosophie que pour
la littérature, laquelle s'est laissée entraîner par des questionnements novateurs,
ceux de Bergson ou de Husserl notamment, en tentant d'apporter ses propres réponses.
La mise en perspective des traditions littéraires russe et française offre un
éclairage particulier sur cette question et permet d'envisager de manière élargie la
révolution poétique du siècle passé et ses suites.
Les études ici rassemblées font apparaître trois problématiques distinctes, à commencer
par celle d'une possible représentation du temps qui permettrait de surprendre
celui-ci tel qu'il est ressenti dans une expérience singulière et de
l'objectiver dans l'écriture poétique. Est interrogée ensuite l'opposition irréductible
entre temps discret et temps continu, le premier composé d'instants insaisissables,
le second constituant une durée ininterrompue. Dernier champ d'investigation,
enfin, celui des usages du temps, aussi bien comme outil indispensable de l'analyse
littéraire que comme laboratoire privilégié de régimes rénovés de narration ou
d'écriture poétique.