Slovo, n° 32-33. Regret et rejet du passé dans la littérature russe

L'instant du passé, regretté ou rejeté par
l'homme, réintègre le présent avec toute sa force
pour servir à la création et permettre d'échapper
à un dilemme, exprimé par Nietzsche dans sa
nudité absolue : «Nous avons l'art, pour ne pas
périr de la vérité».
La problématique du regret et rejet du
passé dans la littérature touche des strates très
diverses de l'existence - familiale et personnelle,
spirituelle, sociale et nationale. Dans ce dernier
cas, les réflexions et prises de position des écrivains
par rapport au passé de leur peuple suivent
tout naturellement les revirements politiques qui
se produisent dans un pays. Plus la démesure, la
brutalité de ces changements est grande, plus le
positionnement de chacun est sans appel. Aussi
la fin du régime tsariste, puis l'implosion de
l'Union soviétique et la gestation d'une nouvelle
Russie ne pouvaient-elles qu'engendrer un
regret ou un rejet aux tonalités d'une richesse
exceptionnelle, déclinant toute une gamme de
perceptions humaines.
L'équipe du GRAL, le Groupe de
recherches sur les arts et la littérature russes de
l'INALCO, présente ici les résultats de ses travaux
élaborés sur ce thème dans le cadre de ses
séminaires.