Santé et travail : quels défis pour le management ?

En quoi l'économie médicale et la surconsommation, notamment en France,
de services médicaux, participent-elles à la gestion du mal-être au travail ?
Autrement dit, en quoi cette surconsommation, qui laisse entrevoir que
la relation aux médicaments et aux médecins ne saurait être seulement
explorée sur le registre des rationalités économiques instrumentales du
patient et du médecin, participe-t-elle à une régulation des tensions sociales
et des rapports salariaux dans l'entreprise moderne ?
L'hypothèse ici faite est que ce phénomène est en relation directe,
en particulier depuis une dizaine d'années, avec la montée en puissance
des risques psychosociaux et notamment des différentes situations de
stress au travail. Qu'il existe en conséquence un ensemble de demandes,
dont les objets peuvent être qualifiés de symboliques, de prise en charge,
de soutien psychologique, d'usages et de pratiques de compensation et de
déni qui, adressées au corps et à l'ordre médical, ainsi qu'aux laboratoires
pharmaceutiques, ont pour objet de gérer de nouvelles formes de stress
voire de souffrance au travail. Les conditions de travail tendent en effet à
se dégrader dans une société en crise. Plus particulièrement dans un certain
nombre d'entreprises sous la double pression, d'une part des exigences de
compétitivité sur les marchés de biens et services, d'autre part de la montée
en puissance de l'économie financière et des exigences actionnariales.
Au-delà des obligations réglementaires, la prévention de la pénibilité,
et notamment la réalisation d'un diagnostic des situations de travail, est un
important levier pour améliorer les conditions de travail et prévenir l'usure
professionnelle.