Saint-Bénigne de Dijon en l'an mil, totius Galliae basilicis mirabilior : interprétation politique, liturgique et théologique

Dans son histoire du monde, écrite vers 1030, Raoul
Glaber dépeint l'église préromane de Saint-Bénigne de
Dijon comme «plus admirable que les basiliques de toute
la Gaule» ( totius Galliae basilicis mirabiliorem ). Commencée
autour de 1001 et consacrée en 1016 (l'église) et 1018 (la
rotonde), cette abbatiale bénédictine, dont seule la crypte
de la rotonde subsiste, relevait des traditions architecturales
romaine, carolingienne et ottonienne. Elle fut construite à
un moment-clé de l'histoire politique de la France et de la
Bourgogne et peut être interprétée en fonction de l'idéologie
de ses bâtisseurs, l'abbé Guillaume et l'évêque Brun de
Langres. Il faut également la lire comme un cadre exceptionnellement bien conçu pour
la dévotion monastique et la liturgie de Cluny telle qu'interprétée par Guillaume. Cet
ouvrage se veut une interprétation visuelle, politique, liturgique et théologique de cette
église étonnante de l'an mil.