Revue du MAUSS, n° 44. Consommer, donner, s'adonner : les ressorts de la consommation

Si, comme tout le laisse à penser,
nous nous acheminons nolens
volens vers une forme de société postcroissance,
il s'agira de se déprendre de nombre de
nos réflexes de consommateurs et d'inventer
d'autres styles de vie. Rompre avec le consumérisme,
avec l'idéologie de la consommation
et ses pratiques, sans pour autant basculer
dans l'ascétisme. Mais pour pouvoir effectuer
un tel basculement avec bonheur, il nous
faut éclairer ce qui alimente le désir de
consommer. Quel rapport entretient-il avec
l'esprit du don, dont le MAUSS s'est fait le
champion ? Car, contrairement à toute attente,
il faut se demander s'il n'entre pas en effet
dans la consommation une dimension de don,
avec toutes ses ambiguïtés et ses ambivalences.
Au-delà du besoin et de l'affichage du
statut social, la consommation n'obéit-elle pas
au désir d'offrir à nos proches et à nos amis ?
Et, plus profondément encore, d'entrer dans le
domaine de la grâce, du charisme ? De la
donation.