Res publica, n° 39. Altermondialisation, quelle pensée politique ?

La Soeur de l'Ange ne sera pas de ces pucelles littéraires, celles
qui, effrayées de nature, s'évaporent en courant et criant
devant l'effronterie des pensées iniques. Que dire ? Un certain
terrorisme de la pensée convie à fuir comme la peste tout débat,
tout affrontement, toute confrontation entre pensées différentes,
amenant ainsi une sorte de totalitarisme de la pensée
unique, seule acceptable aux dires des tenants de la
révolte lyophilisée, celle de l'homo festivus.
Ni pucelle, ni totalitaire : ce sera La Soeur de l'Ange.
Il y aura ici et dès maintenant des penseurs d'horizons divers
affirmant, par la vigueur de leurs textes, la profondeur de
débats nécessaires. Nous sommes certains de ceci : la démocratie
n'est pas dans la recherche d'accords de pensées ou de
consensus, triste habitude de notre prétendue «démocratie
libérale». Cela conduit à une forme unique de la pensée.
Non, à nos yeux, la démocratie réside justement dans un
autre espace : là où des pensées diverses, opposées, antagonistes
même se confrontent et s'opposent textuellement afin
de parvenir non point à ce diable de consensus mais au
contraire à un «dissensus» clair : que chacun sache en quoi
il n'est pas d'accord avec l'autre.
Cet espace est celui d'une démocratie réelle, celui où chaque
pensée est libre d'exister en relation, même conflictuelle, avec
l'altérité. Aucun autre espace ne nous intéresse.