Représentation et modernité : travaux de doctorants en esthétique de l'Ecole doctorale arts plastiques, esthétiques et sciences de l'art

La relation de la représentation et de la modernité est ambiguë. La modernité
sanctionne un changement radical de paradigme ontologique : à l'idée
stationnaire du Beau s'est substituée la prolifération de critères esthétiques
en variation constante. Mais la représentation qui obéit à ces nouveaux
critères se manifeste dans des qualités concrètes qui, aussi fugitives soientelles,
rétablissent la création dans une relative permanence : le projet de
représenter chaque nouvel état réinscrit l'art dans cette permanence qu'il fuit
ou prétend fuir, fixant par la représentation chaque état du progrès moderne,
l'art rencontre encore la problématique de l'héritage, de la mémoire, de la
tradition.
Représentation et modernité examine trois aspects de ce paradoxe. Une
première série de textes propose une réévaluation de la rhétorique, que ce
soit sous sa forme antique (Aristote) ou dans des développements peu ou
prou récents (l' agudeza de Baltasar Gracián autant que le figural de Lyotard) ;
une seconde série s'interroge sur les limites de la représentation (éphémère
de la performance, immobilité au cinéma, etc.) et sur les conséquences des
mutations de la représentation moderne sur notre vision du monde ; la
troisième série rentre dans la variété des représentations concrètes ou
mentales (figures cinématographiques de la pensée, sang menstruel, valeurs
esthétiques, etc.) dont l'oeuvre moderne se nourrit, en tant qu'elles affectent
l'univers du sens, du point de vue aussi bien de la création artistique que de
la réception esthétique.