Regards croisés sur les sécurités dans les relations euro-méditerranéennes

A travers le processus de Barcelone, complété par la politique de
voisinage, l'UE entend avant tout assurer la défense de ses propres
intérêts ; à ce titre elle ne cesse de multiplier les exigences sécuritaires
pour les Etats du Sud.
De leur côté, les Etats méditerranéens, qui sont en transition
démocratique, éprouvent des difficultés à conjuguer normes sécuritaires
(imposées par les Occidentaux) et réformes politiques déjà engagées.
Il y a une très nette contradiction entre le dessein occidental affiché,
qui tend à promouvoir les droits de l'Homme, et l'objectif assigné aux
pays du Sud, visant à écarter toutes menaces potentielles (terrorisme,
islamisme politique, immigration clandestine) quelles qu'en soient les
répercussions sur les droits fondamentaux des personnes. Il importe
donc d'interroger de manière critique la politique sécuritaire menée par
l'UE et les Etats-Unis en direction du Sud. Il s'agit aussi de dépasser
une conception occidentale de la sécurité pour considérer davantage la
sécurité sous l'angle social. Les révolutions arabes en cours viennent
corroborer avec acuité l'urgence d'un soutien franc et massif de l'UE
face aux attentes des peuples du Sud.