Regards croisés entre colonisateurs et colonisés : Français et Djiboutiens dans la littérature

Regards croisés entre colonisateurs et colonisés
Français et Djiboutiens dans la littérature
Les situations de conquêtes coloniales européennes des 17<sup>e</sup> et 18<sup>e</sup> siècles ont généré des discours portés sur l'autre, c'est-à-dire le colonisé, par les peuples conquérants. Ces discours, qui traduisaient une certaine idée de cet autre, se sont manifestés dans différentes formes d'expression : récits de voyage, discours philosophique, religieux, politique et littéraire.
La conquête est donc aussi dans le discours. En effet, l'autre est enfermé dans des idées reçues qui vont lui « coller à la peau » pendant longtemps. Durant une longue période, ce discours fut à sens unique. Mais, dès que le colonisé a pu s'exprimer dans la langue du colonisateur, il a développé à son tour un discours sur lui et sur l'Européen. C'est une tentative de récupération de soi et de dénonciation des stéréotypes développés par le colonisateur.
Ce sont ces regards croisés que l'on veut explorer, en questionnant, par une lecture minutieuse des textes, les perceptions exprimées par les discours. En croisant les regards français et djiboutiens sur l'espace du territoire de Djibouti, on peut suivre le processus d'appropriation (de l'espace) et de distanciation (des hommes) chez les Français. Chez les Djiboutiens, il y a un désir opposé de réappropriation et de récupération du territoire (mentalement). Il s'agit aussi d'occuper le territoire du discours.