Quelques réflexions sur la question de l'appropriation des technologies : rapport de l'Académie des technologies voté le 13 mai 2015

Comment les sociétés s'approprient-elles les technologies,
c'est-à-dire incorporent-elles dans leurs pratiques mais aussi
dans leurs représentations des objets matériels ou immatériels
«inédits» ? Et tout d'abord, quels rôles jouent respectivement
l'offre (la production d'inventions) et la demande (l'évolution de
la société) dans l'apparition et la diffusion de ces technologies ?
Comment situer dans cette dynamique le rôle parfois méconnu
des «entrepreneurs» ?
Peut-on identifier des «déterminants» de cette appropriation,
c'est-à-dire des caractéristiques de l'objet, de son mode d'élaboration
ou des aspects socioculturels des sociétés qui vont
favoriser ou freiner cette appropriation ? Faut-il privilégier des
innovations «clés en main» ou au contraire prendre en compte
la demande d'objets «ouverts» et adaptables ?
Quelles sont les conséquences de cette appropriation sur la
société ? Sont-elles anodines ou modifient-elles en profondeur
les représentations de nous-mêmes, de nos relations aux autres,
de notre environnement ?
Enfin, comment répondre aujourd'hui à la demande à la fois
forte, légitime et difficile à satisfaire d'une évaluation a priori des
nouvelles technologies et d'identification des effets positifs ou
négatifs de leur diffusion ? Faut-il compléter ces évaluations a
priori par des dispositifs d'accompagnement et d'observation de
ces processus d'appropriation et de leurs conséquences ?
Ce sont ces différentes questions que ce rapport de l'Académie
des technologies se propose d'éclairer.