Psychologie : 1846

Après la Révolution de 1830, l'état français étant sécularisé, l'instruction
publique devait l'être aussi, et l'enseignement de la philosophie, couronnement des
études secondaires, également. C'est le philosophe Victor Cousin (1792-1867) qui
s'attacha à un enseignement laïque de la philosophie entièrement affranchi de toute
autorité théologique. Le programme de 1832 était divisé en trois parties : psychologie,
logique et morale. En comparant ce programme au précédent (1823), on est surtout
frappé par une nouveauté capitale : l'apparition de la psychologie présentée comme la
base des études philosophiques. L'établissement d'une psychologie séparée,
indépendante, servant de base à la science, telle fut la révolution principale opérée
dans l'enseignement par Cousin. Une véritable politique de la philosophie va ainsi se
mettre en place, avec la psychologie comme socle des connaissances.
C'est en 1846 que les plus éminents élèves de Cousin rédigent collectivement un
manuel de philosophie à l'usage des collèges. C'est Amédée Jacques (1813-1865) qui
écrivit la partie psychologique du livre qui connut de nombreuses rééditions pendant
près de quarante ans. Le langage est clair : Toutes les sciences philosophiques
s'appuient sur la psychologie. La logique et la morale supposent la connaissance de
l'homme, et leur place est après la psychologie. Après avoir défini l'objet de la
psychologie (étude de la nature humaine par la conscience), l'auteur développe dans
une perspective spiritualiste la théorie tripartite des facultés de l'âme : l'intelligence,
la sensibilité et la volonté.
Nous reproduisons ici en fac simile la partie proprement psychologique de
l'édition originale (1846) du livre de Jacques et de ses collaborateurs : Manuel de
philosophie.
Ce livre s'adresse aux philosophes, psychologues, historiens et étudiants désireux
de découvrir le manuel de référence de l'école éclectique et spiritualiste française du
XIX<sup>e</sup> siècle.