Problèmes politiques et sociaux, n° 932. La lutte contre le tabagisme

Hausse des taxes sur les produits du tabac, réglementations
contre le tabagisme (zones non-fumeurs, restriction des conditions
d'achat, interdiction de la publicité...) sont les deux leviers
principaux de la lutte anti-tabac en France. Quels en ont été les
effets ?
L'application de la loi laissait encore beaucoup à désirer. La protection
des non-fumeurs dans l'espace public n'était pas assurée.
Après une année de vifs débats, de nouvelles interdictions sont
mises en oeuvre à partir du 1<sup>er</sup> février 2007.
L'intensification de la lutte anti-tabac a incontestablement fait
reculer le tabagisme. Pourtant, aujourd'hui encore, environ un
homme sur trois et une femme sur quatre se déclarent fumeurs. On
s'aperçoit qu'au delà des mesures réglementaires, il est nécessaire
de comprendre les comportements sous-jacents au tabagisme qui
sont un obstacle à sa réduction.
Pour quelles raisons fume-t-on ? De quelle façon et pourquoi
les fumeurs relativisent-ils les risques qu'ils encourent personnellement
? Quels seraient les types d'action préventive efficaces,
quel type de discours les médecins généralistes et les pharmaciens
pourraient-ils tenir face à des patients qui attendent leur aide ?
De nombreuses études, réalisées principalement aux États-Unis
et présentées dans ce dossier, apportent des éléments de réponse.
Enfin, et ce n'est pas le moindre aspect, ce dossier décrit les
«guerres du tabac» entre, d'un côté, l'industrie qui déploie toutes
sortes de stratégies très efficaces pour protéger ses intérêts et, de
l'autre, les pouvoirs publics et les professionnels de santé, qui
agissent notamment par des campagnes de prévention et la lutte
contre le tabagisme passif.