Problèmes politiques et sociaux, n° 919. Les comportements à risque

Abus d'alcool, de médicaments psychotropes, tabagisme,
manque d'exercice physique, mauvaises habitudes alimentaires,
rapports sexuels non protégés... Depuis une
trentaine d'années, la liste des comportements jugés «à risque»
par les autorités sanitaires n'a cessé de s'allonger et ne se limite
plus désormais au seul domaine de la santé. Elle inclut aussi des
conduites «déviantes» qui mettent en danger leurs auteurs, des
tiers, ou qui portent atteinte à l'ordre public comme les infractions
routières ou la consommation de drogues illicites.
Comment expliquer cette inflation, mise en exergue par les
experts ? Les individus qui adoptent de telles conduites ont-ils
conscience du risque qu'ils encourent ? Si tel est le cas, comment
justifient-ils leurs pratiques ? Pourquoi, a contrario , certaines prises
de risque délibérées, comme les sports extrêmes, sont-elles socialement
valorisées ?
Dans une optique clairement sociologique, ce dossier essaie de
réhabiliter le point de vue des principaux intéressés et de l'inscrire
dans le contexte socioculturel contemporain. Il examine, sans les
disqualifier d'emblée, les arguments qui permettent aux individus
de nier la réalité ou la gravité de la prise de risque, et tente de cerner
les raisons pour lesquelles certains messages de prévention diffusés
par les pouvoirs publics peinent à changer les attitudes, sont
détournés, voire tout simplement ignorés.