Précis de dynamitage : anthologie électrique 1966-2001

Des «premiers livres» au plus récent «précipité de poésie» écrit
à deux mains, en passant par le Manifeste électrique aux paupières
de jupes de 1971 dont les leitmotive, les sautes élevèrent et
réglèrent la matière de la sensibilité poétique de façon saillante,
dans l'espoir d'une nouvelle donne, les poètes électriques ne
cessent de transgresser l'esprit du temps, coïncidant avec l'espace
réel. Celui où la poésie, avant de s'écrire, est un défi du corps à
toutes les formes de manipulation de la pensée. Nées de l'enfance
et de l'enthousiasme ancien, leurs oeuvres se présentent comme
une suite discontinue, tout en spirale, que nul principe ne
gouverne à l'avance sauf peut-être : «Ne te perds pas toi-même».
Sans cette politique, ils n'auraient pu réinventer le mouvement,
la passion sublime de l'existence, au point de métamorphoser
beaucoup de murs en portes, qu'ils ouvrent l'une après l'autre,
pour aller toujours de l'avant, comme si quelque chose d'inconnu
d'eux-mêmes leur prêtait main-forte. C'est l'épopée, le roman,
de cette force d'action qui a force de loi, que la présente anthologie
restitue, en ces temps où l'individualité foncière du poète prône
l'effacement et l'indistinction.