Pour une littérature de l'impossible : Rachid Mimouni

Je crois à l'écrivain comme pure conscience, probité
intégrale, qui propose au miroir de son art une société
à assumer ou à changer, qui interpelle son lecteur au nom
des plus fondamentales exigences de l'humain : la liberté,
la justice, l'amour.
Je crois à l'intellectuel comme éveilleur de conscience,
comme dépositaire des impératifs humains, comme
guetteur vigilant, prêt à dénoncer les dangers qui
menacent la société.
Je crois à l'écrivain qui s'insurge, qui dénonce, qui crie,
voix toujours discordante à marquer la fêlure au concert des
bonnes causes définitivement balisées. Je crois à
l'écrivain qui, domestiquant son démon intérieur, va
jusqu'au plus noir de l'ombre pour dire l'attente
souterraine, le refus de l'oppression, de l'injustice,
de l'abus de pouvoir et peut-être aussi l'espoir de la
résurgence finale.
Rachid Mimouni