Poésie et calligraphie imprimée à Paris au XVIIe siècle : autour de La chartreuse de Pierre Perrin, poème imprimé par Pierre Moreau en 1647

Pierre Perrin, aujourd'hui peu connu, est pourtant l'inventeur de l'opéra
français avec Cambert, avant le fameux couple Lully & Quinault.
Traducteur de Virgile, poète intéressant, à la vie agitée, il publie chez
l'un des imprimeurs les plus originaux du XVII<sup>e</sup> siècle, Pierre Moreau,
un livre aujourd'hui rarissime reproduit ici en fac-similé.
Plusieurs essais retracent la vie de l'auteur, celle de l'imprimeur, éclairent
la fabrication de cette impression en caractères d'écriture, et le milieu des
graveurs de l'époque. Arts du livre, musicologie, poésie et spiritualité se
rencontrent pour faire revivre un moment du Grand Siècle.
Préface d'Henri-Jean Martin.
Études d'Isabelle de Conihout (conservateur en chef
à la Bibliothèque Mazarine), Christian Paput (maître
graveur au cabinet des Poinçons de l'Imprimerie
nationale, enseignant à l'École Estienne), Maxime Préaud
(conservateur général au Département des Estampes et
de la Photographie de la Bibliothèque nationale de
France), Jean Duron (directeur de l' Atelier d'études sur la
musique française des XVII<sup>e</sup> & XVIII<sup>e</sup> siècles , Centre de
Musique Baroque de Versailles - CNRS), Frédéric
Gabriel (École Pratique des Hautes Études, Università
degli studi di Lecce, Cerphi).
La découverte sur les rayons de la Bibliothèque
Mazarine d'un magnifique exemplaire, relié
(pour Anne d'Autriche ?) en vélin doré semé de fleurs
de lis, d'un livre presque inconnu de Pierre Perrin, est à
l'origine de cette publication en fac-similé, accompagnée
d'études approfondies sur l'imprimeur, l'auteur et le texte.
Aussi remarquable par son contenu que par sa forme,
La Chartreuse Ou la Saincte Solitude est l'un des rares livres
imprimés entre 1643 et 1648 par l'inventeur de caractères
d'imprimerie imitant la calligraphie, Pierre Moreau
(c. 1600-1648).
Ce personnage original du XVII<sup>e</sup> siècle, jusque-là
peu étudié, chercha à rivaliser en typographie avec les
somptueuses productions des calligraphes de son époque
- dont le plus célèbre reste Nicolas Jarry. À l'aide
de documents inédits, Isabelle de Conihout retrace
la carrière de Pierre Moreau, calligraphe, dessinateur,
graveur, imprimeur et pédagogue, et dresse une
bibliographie de ses éditions, une trentaine de titres,
dont une vingtaine non décrits jusqu'ici.
Maxime Préaud propose un essai sur ces inconnus
de l'histoire de l'estampe, les graveurs en lettres. Christian
Paput présente les caractères typographiques de Moreau,
retrouvés au Cabinet des Poinçons de l'Imprimerie
nationale où ils étaient entrés au début du XIX<sup>e</sup> siècle.
Le musicologue Jean Duron met en valeur certains traits
de la personnalité de l'auteur du poème, Pierre Perrin
(c. 1620-1675). Si le personnage est un peu connu des
bibliophiles, grâce à sa traduction de l' Enéide , l'oeuvre
de Perrin est encore peu fréquentée. C'est toutefois un
poète raffiné qui sut inventer un art d'écrire particulier,
un genre poétique parfaitement adapté au chant,
qu'il nomma «paroles de musique». Bien implanté à la
Cour, il remodela entièrement l'air sérieux et à boire,
la chanson, et tous les genres poétiques liés à la musique.
Il s'intéressa, pour la Chapelle du roi Louis XIV et dans
le même esprit, aux textes latins pour l'Élévation ou pour
divers offices particuliers. Il fut aussi l'inventeur de
l'opéra français avec Cambert, avant Lully et Quinault.
Enfin, Frédéric Gabriel explore quelques notions
de la spiritualité chrétienne, en rapport avec le lieu
de fondation de la Chartreuse.