Plus que passants

Ce sont ici les petits contes d'un médecin fumeur de pipe.
Il a exercé sur la côte atlantique, dans un village de pêcheurs
station balnéaire l'été, de sa démobilisation en 1945 à sa retraite,
à quatre-vingts ans, en 2000.
Il a rédigé alors un ouvrage rapportant l'expérience, acquise
avec sa femme - elle aussi médecin -, de la mesure du métabolisme
global en pratique courante par l'excitabilité (Marco
Pieuter éd. 2004). Ensuite il a colligé les petits cartons impressionnistes
de ce recueil, resurgis dans le désordre de la mémoire.
Ces centaines d'individus auxquels il a été attentif, qu'il a
écoutés quels que soient leurs fantasmes, n'ont pas été pour
lui des passants.
Il ne s'agit pas de portraits mais de reconstructions fictives à
partir d'observations éparses. Les mises en scène cherchent
seulement l'approche d'un état d'esprit et d'une forme d'exercice
de la médecine qui ne remontent qu'à une quarantaine
d'années mais dont nous sommes très loin aujourd'hui.
Aucune morale ne découle de ces histoires. Étonné depuis sa
naissance par la diversité des êtres, l'observateur se demande
dans quelle mesure il est eux.