Père, pourquoi m'as-tu abandonnée ?

Père, pourquoi m'as-tu abandonnée ?
« Faudra-t-il envier les animaux d'avoir leur territoire, leurs races préservées, protégées, avec leur nom indiqué sur une pancarte : réserve des... » ? Faudra-t-il être des fossiles humains vivants pour mériter d'être traités comme le sont les espèces en voie de disparition, ou les pierres en ruines ? Nous nous escrimions dès l'enfance à devenir adultes, à cause de ton absence, à dépasser seuls nos complexes oedipiens, vécus dans la plus grande violence. Et nous restions haletants à ta recherche. Partout on a été, on a décroché des places, des salaires et des cocons, et on s'est évertué avec toute la paperasse requise et les conditions dûment remplies, pour dénicher un nom de père. Où étais-tu donc passé ? Ne t'avons-nous pas suffisamment désiré ? N'avons-nous pas suffisamment bossé, prié, saigné » ?
D'une part, c'est la douleur du père absent sur le plan de la religion, du pays et de la famille. D'autre part, c'est la soif de l'amour, de l'homme qui ne déçoit pas. Deux amies, l'une chrétienne et trop scrupuleuse, l'autre musulmane moderne, tentent de reprendre leurs vies en main. Leurs récits s'entrecroisent, se complètent et débouchent sur une histoire imprévue et passionnante.