Paul et André Vera : tradition et modernité

Complémentaires dans leurs projets sur l'art des jardins et les arts
décoratifs, les deux frères Paul (1882-1957) et André (1951-1971)
Vera ont contribué au rayonnement du courant des Arts déco. Leurs
créations tendent à adopter une modernité libérée de l'académisme,
dans le respect du passé et de la Tradition française.
En réagissant contre l'Art nouveau, André, théoricien,
se fait l'interprète, dans le manifeste du Nouveau Style de 1912,
d'un nouvel art décoratif, fondé sur la raison et la simplicité
volontaire ; Le Nouveau Jardin (1912) et Les Jardins (1919)
définissent le jardin moderne dit régulier. Il réfléchit aussi
à l'avenir des villes et à leur urbanisme.
Paul, peintre décorateur, d'abord sensible au cubisme
fondé sur les principes mathématiques du nombre d'or, expose
au Salon de la Section d'or de 1912. Il participe activement aux
projets de la Compagnie des arts français, puis à la rénovation
des cartons de tapisserie pour les ateliers d'Aubusson et
les manufactures de Beauvais et des Gobelins ; il dessine aussi
des projets de céramique pour la Manufacture nationale de Sèvres.
André, rejoint plus tard par Paul, s'installe dès 1920,
dans la propriété de La Thébaïde à Saint-Germain-en-Laye,
transformée en espace de créativité et d'expériences ; l'intérieur
de la maison a entièrement été aménagé par leur ami Jean-Charles
Moreux (1889-1956), architecte décorateur, protagoniste
d'une conception rationnelle de la décoration moderne.
Une donation d'André Vera permet l'inauguration d'un musée Vera
en 1971 à Saint-Germain-en-Laye. Un nouvel espace permanent,
précédé d'une exposition temporaire est dédié à la mémoire
des deux frères, en mars 2009.