Parentalité, vous avez dit fragile ?

Depuis que les avancées médicales ont amélioré les chances
de survie des bébés, les «futurs citoyens» suscitent l'intérêt de
l'ensemble de la société. Ainsi son devenir mais aussi sa place, son
profil et la façon dont on doit gérer ses interactions font l'objet
d'une mise en forme normée. Or ces normes finissent par imposer
un idéal d'enfant auquel les parents sont priés de se référer dans
leurs actes éducatifs et plus généralement dans leur vie relationnelle
avec eux.
La fragilité apparaît comme la difficulté ou l'impossibilité de se
conformer aux normes de la société. Elle peut devenir un facteur
d'angoisse puissant pour les familles au point de déclencher l'apparition
d'un trouble particulier, la normopathie : la certitude que tout
va mal alors qu'apparemment tout va pour le mieux. Que se joue-t-il
maintenant autour des bébés et de leurs parents ? Comment les
différents pouvoirs médicaux, sociaux, éducatifs, psychologiques,
économiques et politiques influencent-ils ou fragilisent-ils le devenir
de la maternité ? Comment définissent-ils des pratiques dont le premier
souci n'est pas nécessairement le respect du sujet ? De qui le
bébé et ses parents sont-ils «l'obscur objet du désir» ?