ONG et gouvernance dans le monde arabe

Ce livre est le résultat de la Conférence organisée au Caire les 29,
30 et 31 mars 2000 par le programme MOST (gestion des transformations
sociales) de l'UNESCO, l'Institut de recherche sur le développement
(IRD), le Centre d'études et de documentation économiques et
juridiques (CEDEJ) et le Centre d'études politiques et stratégiques d'Al
Ahram ; conférence qui avait pour objectif de promouvoir un débat
scientifique autour des fonctions réelles des ONG en tant qu'acteurs
sociaux et politiques dans les pays arabes.
L'extension constatée des missions des ONG dans presque tous les
domaines s'accompagne-t-elle vraiment d'une augmentation de leur
pouvoir dans la conception des politiques de développement ou bien
sont-elles toujours considérées comme les palliatifs des insuffisances
des pouvoirs publics ? Quelles sont les caractéristiques des relations
entre ces derniers, les associations et les ONG : partenariat, instrumentalisation,
opposition et concurrence ? Quels sont les rapports entre
bailleurs de fonds, ONG internationales et ONG locales, et quels sont
leurs effets politiques internes ? Ces mises en réseaux des ONG locales
et des ONG internationales ne contribuent-elles pas à asseoir des légitimités
ou, au contraire, à susciter des discrédits politiques, aussi bien
par rapport aux pouvoirs publics que par rapport aux sociétés ?
Plus généralement, peut-on considérer que l'augmentation des fonctions
des ONG dans les pays arabes est en train de modifier en profondeur
les ordres politiques internes en terme de décentralisation, démocratisation,
de lutte contre la bureaucratie et en terme de valorisation
des expressions de la société ? Quels sont donc les rapports entre les
ONG et la société ? Leurs relations avec la population diffèrent-elles
vraiment des relations mises en place par les pouvoirs publics ? Les
ONG jouent-elles un rôle politique alternatif, se substituant aux modes
d'expressions politiques classiques ? Dans quelle mesure les cadres des
ONG constituent-ils de nouveaux acteurs politiques locaux et, si oui,
cette évolution favorise-t-elle l'émergence d'une conception décentralisée
du politique ?