Octave Mirbeau : aspects de la vie et de l'oeuvre

Aspects de la vie et de l'oeuvre
C'est notre écho que les choses nous renvoient. Il y a interférence entre l'homme et l'animalité, et l'isotopie du grouillement et des ténèbres, du masque et des grimaces, du sang, de la féminité et de la chute compose le visage de Gorgô, la Méduse mortelle, figure mythique qui confère à l'oeuvre mirbellienne son unité et son authenticité. Selon Mirbeau, « il y a quelque chose de plus attirant que la beauté : c'est la pourriture ». La beauté sera convulsive, hyperbolique et excessive ou ne sera pas. Cette esthétique de la « beauté du laid », Mirbeau, certes, ne l'a pas inventée, mais, par son traitement du langage, l'écrivain, conjoignant le terrible et le grotesque, nous invite à « regarder Méduse en face », en particulier le monstre social. Les oeuvres les plus fortes, nous dit H. Hesse, sont celles « qui laissent transparaître ce regard de Méduse où s'exprime l'antique énigme de la vie ».