Nasser

Nasser

Nasser
Éditeur: Chronique
2006128 pagesISBN 9782205058765
Langue : Français

À un moment de son histoire où le monde arabe connaît une crise identitaire majeure, marquée

notamment par l'émergence de l'islamisme radical, voire du terrorisme, la figure de Gamal Abdel

Nasser resurgit dans la mémoire de peuples en quête d'un modèle.

Né le 15 janvier 1918 à Alexandrie, fils d'un modeste fonctionnaire des postes égyptiennes,

Gamal Abdel Nasser fut, dès son enfance, confronté à l'humiliation que l'Angleterre, puissance tutélaire,

faisait subir à ses compatriotes. Brûlant d'agir pour l'indépendance de l'Égypte, le jeune Nasser

choisit la carrière des armes, devint officier et se distingua par son intelligence et son courage lors du

premier conflit israélo-arabe, en 1948-1949. C'est à cette époque qu'il comprit que l'indépendance

ne pourrait être pleinement acquise sans de profonds bouleversements politiques. Il réunit autour de

lui un groupe de jeunes officiers résolus à renverser une monarchie corrompue et soumise aux intérêts

de Londres et, en 1952, organisa de main de maître le coup d'État qui aboutit à la destitution

du roi Farouk et à l'établissement de la république. Devenu le leader charismatique - le Raïs - de

son pays, Nasser négocia le départ des Anglais et entama une révolution politique, économique et

sociale caractérisée par la mobilisation des masses et l'instauration d'un socialisme original, ainsi

que par la volonté de se tenir à égale distance du bloc occidental et du bloc soviétique.

Si son ascension lui valut une popularité immense dans tout le monde arabe, elle lui attira aussi,

en Égypte même, l'hostilité déclarée des milieux conservateurs et islamistes qui, effrayés par son

nationalisme républicain, tentèrent tout pour l'abattre. Mais Nasser se heurta aussi à celle de puissances

occidentales peu désireuses de perdre le contrôle de cette région du monde : en 1956, la nationalisation

du canal de Suez entraîna une guerre où la toute jeune et encore fragile République égyptienne

dut faire face à la coalition des armées anglaise, française et israélienne. Puis, en 1967, une

attaque foudroyante d'Israël entraîna la perte du Sinaï. Vaincu sur le champ de bataille, Nasser sut

toutefois, dans les deux cas, reprendre la main par son habileté diplomatique, faisant la démonstration

de ses qualités exceptionnelles d'homme d'État.

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