Mission inachevée : UNOHCI Bagdad, 19 août 2003 : 22 morts, 127 blessés

Ceci est un cri, un témoignage brut. On n'y trouvera aucun effet mélodramatique mais l'expression d'un homme blessé par la mort de son héros.
Son job, c'est de faire échec à la mort. Mais cette fois-ci c'est la mort qui a pris le dessus, et en plus, elle a écrasé, de façon horrible, son chef.
Ce garde du corps s'assimile à un gladiateur. La bombe ignominieuse qui a éclaté mélange ses images et ses références : ainsi Sergio de Mello est-il devenu « Samouraï »
L'homme qui parle ici est authentiquement humain : il crie, il pleure. Ce qu'il décrit est taché de sang : on ne peut donc garantir l'exactitude de ce qu'il a retenu.
Mais l'essentiel nous est offert : la douleur en partage d'un homme droit qui ne supporte pas l'horreur, mais devait dire l'indicible pour que nous n'acceptions pas la guerre avec indifférence.
Le texte de Gaby nous a ému, nous n'avons pas voulu le retoucher pour en respecter le ton unique et sans fioritures.