Maxime, passeur d'étoiles : 1940-1941

Dans quelques secondes, Maxime lèvera le bras pour inviter ses
compagnes à ralentir. Puis, leur montrant au-delà de la prairie une
maison au toit rouge, il annoncera d'une voix tranquille :
-
Mesdames, vous êtes en France libre !
Éclats de joie, embrassades, peut-être même quelques pas de
ronde accueilleront cette nouvelle. Pour dire merci, tous les yeux lui
souriront à la fois. Mains sur les hanches, humble témoin de cette
liesse, il savourera cette joie, belle récompense pour sa victoire.
Pourtant, quand reprendra la marche, quand les filles apercevront,
blottie dans les arbres, cette maison image de paix et de douceur, un
étrange silence tombera sur le groupe. À cet instant, il n'aura pas le
coeur à se retourner : il ne verrait que des yeux noyés de larmes...
C'est l'histoire authentique d'un humble passeur dans un coin de
Charente, dernier maillon d'une filière mise en place pour les
humiliés du régime de Vichy. Tant que la France fut coupée en deux
par «la ligne de démarcation», Maxime s'efforça de conduire vers
la liberté des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants menacés.
Nous suivons ici le parcours d'une mère et de trois filles de
confession juive, obligées de quitter un Paris où on ne les voulait
plus.
En faisant revivre les habitués d'un bistrot de Charente et les
membres d'une famille israélite de la capitale, Marie et Jean-Pierre
Bessaguet nous montrent comment deux mondes vont se
rencontrer, en raison d'une menace qu'il faut fuir et d'une résistance
qu'il faut initier.