Masques et mirages : genèse du roman chez Cortazar, Perec et Villemaire

Cet ouvrage est sous-tendu par une problématique précise : comment
est-ce que Julio Cortázar a écrit Rayuela (Buenos Aires, 1963) ;
Georges Perec, La Vie mode d'emploi (Paris, 1978) ; et Yolande
Villemaire, La Vie en prose (Montréal, 1980) ? Il s'inscrit dans la
mouvance des travaux actuels en critique génétique, lesquels
s'intéressent à la genèse de textes littéraires des XIX<sup>e</sup>, XX<sup>e</sup> et XXI<sup>e</sup> siècles
en déplaçant l'étude de ces textes vers celle de leur avant-texte
(plans, scénarios, esquisses, notes, brouillons, états successifs, mises
au net ou épreuves corrigées). La visée originale de ce courant de
recherche est de décrire et de théoriser les processus scripturaux à
travers une utilisation flexible des outils critiques hérités du
(post)structuralisme. Le premier chapitre fait un survol de ce champ
de recherche, de même qu'une description de la méthode qui a
guidé le projet. Les chapitres suivants, consacrés respectivement à
Cortázar, à Perec et à Villemaire, après une description de l'avant-texte,
présentent les grandes lignes du récit de la genèse pour ensuite
donner lieu à des analyses plus ponctuelles. Toute l'étude est traversée
par un questionnement qui a réussi à dévoiler certaines modalités des
figures de l'auteur-scripteur et du lecteur dans la production de ces
trois romans postmodernes. Quelles ont été les stratégies que l'écrivain
a élaborées afin de se dissimuler dans les replis de son texte (les
masques de l'écriture) et comment, au cours de la rédaction, a-t-il peu
à peu ménagé un rôle à son lointain lecteur (ses mirages) ?