Maïotte : roman martiniquais inédit

En 1896, Maïotte enflamma l'imagination des lecteurs du journal de
Saint-Pierre, Les Colonies. Sublimation du contemporain, du quotidien
et du réel, cette peinture des moeurs martiniquaises se voulait un portrait
fidèle de Saint-Pierre. Et le public ne manqua pas de s'y reconnaître. Mais
aujourd'hui, que sait-on de ce texte et de son auteure, Jenny Manet, dont le
séjour en Martinique inspira ce roman martiniquais ? Maïotte décrit avec
truculence l'intimité de l'aristocratie blanche de Saint-Pierre. Alternant
burlesque et tragique, cette histoire dévoile sa mentalité à travers ses
interactions avec les domestiques noirs et les étrangers à l'île. Ce faisant,
elle trahit les tensions raciales et socio-culturelles ainsi que la dynamique
de pouvoir à l'oeuvre dans cette société coloniale. Jenny Manet évoque
le mieux le génie et l'esprit du pays et de la culture de l'époque. Cette
période reste, pour nous, encore méconnue. Dans Maïotte , les descriptions
«ethnographiques» du spiritisme ou du quimbois, du carnaval ou encore
des marchandes, soulignent la richesse et la complexité de cette fin de
siècle. En annexe : textes de Jenny Manet sur la condition de la femme.