Magadan : seul à moto jusqu'au bout de la Sibérie : récit de voyage

Je suis parti depuis deux semaines seulement,
c'est bien peu de temps. Mais il me semble
avoir vécu plus en l'espace de ces quelques
jours qu'en une année de ma vie routinière. Je me sens
si loin de chez moi. Si loin de l'existence que je menais
il y a peu encore. C'est comme si, exilé, j'avais pénétré
de nouveaux mondes. Des mondes intérieurs. Tout
y est différent : l'environnement, le pays, la langue,
le climat, la nourriture, le relief, la végétation, mais
plus important encore, mon mode de vie, ma capacité
à penser, la foi et le coeur que je mets dans chaque
instant. L'intensité qui m'habite. Ce ne sont ni les jours
ni les kilomètres qui font la distance. C'est le regard
que je porte sur ce qui m'entoure, c'est cette façon de
ressentir. Je les avais oubliés, je les redécouvre. C'est
tout ce qui fait de moi un être vivant.