Ma vie sans postiche

Je suis tombé dans la délinquance très jeune. Qu'on se le dise, il n'y
a aucun héroïsme à être voyou parce que c'est le genre de destin
qu'on ne choisit pas : on devient délinquant par nécessité ou par
faiblesse. Pour ma part, c'est à la maternelle de Belleville que ma
bande a pris racine et, de menus larcins en arnaques plus élaborées,
nous sommes devenus de vraies petites frappes, aussi liés que les
doigts de la main.
A 24 ans, je me suis ainsi retrouvé accusé d'un hold-up qui a défrayé
la chronique et m'a valu d'être condamné à mort. Ma vie, dès lors,
n'a plus été qu'une fuite en avant : 12 ans de cavale de Casablanca
à Tahiti en passant par l'Italie où mon évasion en hélicoptère d'une
prison de Haute Sécurité a mis - si l'on peut dire, les Français à
l'honneur...
Fatalement, comme les absents ont toujours tort, j'ai hérité en partie
de la paternité des braquages qui se sont enchaînés au début des
années 80 et c'est ainsi que je suis devenu, bien malgré moi, le
«cerveau présumé» du Gang des Postiches. Une étiquette dont il
n'est pas facile de se défaire...