Ma terre douloureuse

«Elle s'en souvenait bien sûr. Elle, la reine du parc, l'aïeule du monde : elle se souvenait de tout. Et assise sur son banc à regarder le vent, elle y repensait... Alors le temps se fourvoyait. Elle avait douze ans mais elle était mariée, veuve, mère et fiancée. Grand-mère aussi bien entendu, car c'était là son rôle universel...»
Assise dans le parc, grand-mère veille sur les siens en tricotant les pieds droits de chaussons de toutes les couleurs. C'est que la Mort ne va plus tarder, elle a donné ses sabres à aiguiser avant l'assaut final.
Un curieux récit qui tient du conte, du coup de gueule et du poème. La mort y est saccagée, et tous ses serviteurs avec : prêtres, médecins ou «entombeurs». Grand-mère et sa famille leur résistent avec un acharnement vivifiant. Et puis grand-mère, c'est avant tout la reine du parc. Un parc plein d'arbres qui s'entortillent, d'oiseaux qui vous lissent les cheveux et de hérissons bougons.
Jamais un livre sur la mort n'aura tant donné goût à la vie.