Ma conscience est pure... : lettres des prisonniers de la Terreur

L'année 1794 fut une année tragique. Les prisons de Paris,
anciens collèges, abbayes ou couvents, peuvent en témoigner,
elles abritèrent des centaines de lettres de ces «suspects»
«dangereux pour la République», arrêtés sur une simple parole
malheureuse ou en raison du simple port de la particule à leur
nom de famille. Ces lettres ordinaires de gens ordinaires furent
écrites et adressées, mais ne remplirent jamais leur fonction
première, celle d'établir un lien à distance entre deux interlocuteurs,
au moyen de l'écriture. Pourtant, l'écriture épistolaire
joua un rôle primordial dans la vie sinistre des prisonniers de
la Terreur. Les lettres contenues dans cette étude dormaient
dans les cartons des Archives nationales. Aujourd'hui, leur
publication contribue à leur rendre la place qu'elles méritent
dans l'Histoire et redonne à cette correspondance à sens
unique une utilité que la Révolution lui refusa.