Lueurs d'Alexandrie

Telle une mosaïque, les textes de ce recueil colorent
l'univers fantastique d'étudiants en formation à Alexandrie.
Senghorland, une université bâtie dans la vieille cité
méditerranéenne, est le lieu où divorcent les rêves et la
réalité. Senghorland est l'image d'un radeau qui emprunte
allégrement les méandres du Nil, pour explorer diverses
contrées d'Afrique et de l'espace francophone. Sur fond de
dialogue de cultures et de tranches de vie partagées, se
dessinent des itinéraires qui convergent vers l'Egypte, la terre
mère, ou bien s'en détachent pour d'autres horizons.
L'oeuvre porte le cachet des quêtes identitaires et des
brassages culturels. En filigrane, plane une malédiction de
l'inachèvement, reflétée par cette part immense que l'auteur
laisse à la contemplation, à l'errance, à la proximité avec
l'abstrait. Mais il y a une part belle dans ces rencontres au
bord du Nil, c'est cette francophonie des peuples que ces
auditeurs venus de divers horizons vivifient à leur manière.
Une belle série de portraits. Mona et Roger, Pierre, Fara,
Monthou entre autres personnages mettent en évidence
cette illusion de liberté qui voile le destin de ces êtres bridés
par le déterminisme de l'exil et ses dommages collatéraux. La
plupart des exilés de ce livre sont convaincus de trouver en
Égypte une part d'héritage que pourtant les autochtones leur
concèdent difficilement.