L'orphelin

L'Orphelin
Je citerai le prologue bref, concentré, que Paulina Vinderman a écrit sur L'Orphelin : « Chantal Enright est blessée par le langage, comme beaucoup d'autres poètes qui vivent leur poésie.
Chantal continue de dessiner des mots qui semblent danser avec le silence (par la fragmentation précise qui accentue le mystère) et malgré elle nous raconte et nous mêle à une histoire, à la chanson de cette histoire qui vibre avec une scénographie où le fleuve, l'église, le cimetière deviennent les personnages d'un voyage intérieur, un voyage existentiel vers la condition naturelle d'orphelin de l'homme sur cette terre, cette vie étrange dont la compréhension totale nous excède et parfois nous désespère. " Et la douleur de rêver à nouveau que mon passage sur la terre est confus " : ses mots sont des bougies dans la noirceur de la nuit.
La profonde religiosité qui survole le livre est toujours un dialogue vif et crucial, toujours une interrogation comme l'est la conscience de faire de la poésie face à la réalité plus dure et redoutable que tout cauchemar. La religiosité et l'art unis, enlacés, non seulement dans la question, mais dans les symboles : l'essence de l'essence. La terre où l'arbre pousse et où retournent les feuilles de cet arbre dorées avant de mourir. »