L'invention de l'instituteur : et de l'institutrice au XIXe siècle dans la Somme

Depuis 1816 des examens pour l'obtention d'un diplôme,
le brevet de capacité, sont devenus indispensables pour
pouvoir exercer les fonctions d'instituteurs à l'école primaire.
Trois ans plus tard, en 1819, ces conditions sont
imposées aux futures institutrices laïques. Ces examens,
remodifiés plusieurs fois au cours du XIX<sup>e</sup> siècle par les
différents ministres de l'Instruction publique, ont permis
d'installer dans les écoles des maîtres instruits et compétents.
Les écoles normales d'instituteurs (obligatoires
depuis 1833) et tout un réseau d'établissements se lancent
alors dans la préparation aux épreuves auxquelles s'inscrit
un public issu le plus souvent des milieux populaires.
S'appuyant sur la situation de l'enseignement primaire
dans le département de la Somme, cette étude montre que,
bien avant l'arrivée de Jules Ferry à la tête du ministère
de l'Instruction publique en 1879, les instituteurs et institutrices
laïques, dorénavant brevetés, n'avaient plus rien à
voir avec les maîtres d'école de l'Ancien Régime et annonçaient
déjà les fameux «hussards noirs de la République».