Libres, n° 1. En finir avec la France ?

«Dans un monde confronté aux défis de l'avenir, un monde où ni
la prétendue «mondialisation heureuse», ni l'euromaniaquerie éradicatrice,
ni le folklore régionaliste, ni les replis communautaristes ne
sont susceptibles d'apporter une réponse satisfaisante, nous ne pouvons
faire l'économie d'une doctrine pour la France. C'est bien l'absence de
vision, de grand dessein national, le fait que plus personne ne parle aux
Français de la France, qui contribue à creuser le fossé entre le pays légal
et le pays réel. De tout temps, un tel aveuglement, un tel mépris, un tel
oubli de soi ont conduit à l'aventure et au déclin. La priorité est donc de
mener la bataille des idées et de formuler les thèmes et les mots d'ordre
autour desquels se refera la cohésion morale de notre nation.
Rien ne se fera, rien ne sera possible, sans ce travail premier, primordial
et préalable à tout renouveau. La plus essentielle - la plus efficace
aussi - des résistances est celle de l'esprit. Il s'agit ici ni plus ni moins
que d'essayer de restaurer les principes et les valeurs qui donnent leur
signification au nom de France et au nom de Français. Il s'agit, encore et
toujours, aujourd'hui comme hier, de défendre les hommes libres dans
une nation indépendante. Parce que nous ne voulons pas en finir avec
la France, parce que nous voulons continuer à vivre libres - libres, autre
façon de dire francs, autre mot pour dire indépendants -, il est temps de
raviver la flamme de la pensée française.»
Raphaël Dargent