Libertinage et philosophie au XVIIe siècle. Vol. 12. Le libertinage est-il une catégorie philosophique ?

Libertinage et philosophie au XVIIe siècle. Vol. 12. Le libertinage est-il une catégorie philosophique ?

Libertinage et philosophie au XVIIe siècle. Vol. 12. Le libertinage est-il une catégorie philosophique ?
2010234 pagesISBN 9782862725413
Format: BrochéLangue : Français

«Libertin» est d'abord une injure - pire : un chef d'accusation. Mais l'histoire

des idées nous a enseigné que souvent les noms des mouvements, comme ceux des

partis en politique, naissent à l'occasion des polémiques, et que ce sont parfois

les adversaires qui aperçoivent le mieux l'unité de ceux qu'ils dénoncent. En

somme, la haine est parfois bonne conseillère : elle fait apercevoir l'unité d'un

programme, ses alliances et ses enjeux. Elle le fait à travers une certaine

déformation, qui a l'avantage de grossir les traits, mais l'inconvénient de saisir

parfois plus les conséquences, ou les effets d'actualité, que les matériaux

fondamentaux. La question qui se pose ensuite à l'historien est donc la suivante :

l'injure initiale peut-elle se transformer en instrument d'analyse, et à quel prix ?

La question n'est pas négligeable car l'histoire intellectuelle européenne ne s'est

pas constituée de façon continue et homogène ; ce sont souvent des courants

minoritaires (hétérodoxes religieux ; libertins et clandestins ; utopistes) qui ont

forgé les thèmes destinés à acquérir une force d'évidence. Ce qu'on a appelé, dans

des débats récents, le problème des «racines de l'Europe» gagne sans doute à être

aussi posé en ces termes : l'héritage le plus important n'est pas nécessairement

l'héritage d'idées qui furent en leur temps majoritaires.

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