L'hypothèse au miroir des langues

La description des mécanismes employés par les différentes langues
pour exprimer l'hypothèse constitue un champ privilégié pour la
confrontation des mécanismes langagiers. En effet, plusieurs éléments
syntaxiques fondamentaux entrent en jeu pour la mise en place de l'expression
de l'hypothèse et, en ce qui concerne la charge sémantique,
les effets de sens, il est nécessaire de prendre en compte tant le cadre
énonciatif ou pragmatique que l'organisation de la pensée dans une
relation logique d'implication.
Ce livre coordonné par Cecilia Hare présente la description de la
formulation de l'hypothèse, ou de certains de ses aspects, dans huit
langues dont cinq langues indo-européennes : le grec ; le latin ; deux
langues romanes, l'espagnol et le français ; une langue germanique,
l'anglais ; plus une langue amérindienne agglutinante, le quechua, et
deux langues sémitiques : l'hébreu et le berbère. Ce panorama représentatif
et varié devrait permettre une approche comparée du discours
argumentatif par les langues naturelles. Les linguistes qui participent
; Marc Baratin, Fernand Bentolila, Julio Calvo Pérez,
Agnès Celle, Sarah de Vogüé, Rachel Drezdner, Covadonga
López Alonso, et Sophie Vassilaki appartiennent à plusieurs
courants linguistiques, présentant ainsi une variété de perspectives et
de terminologies. Le but n'a pas été d'uniformiser les descriptions,
mais de confronter les faits dans un but comparatif, typologique et
cognitiviste. La lecture de ces articles montre des parallélismes parfois
surprenants.