L'homme effaçable : mémoire et oubli du XIXe siècle à nos jours

Faut-il avoir peur de l'oubli ?
De nos jours, les neurosciences occupent le devant de la scène,
et la question de l'oubli, associée à la hantise du vieillissement,
travaille nos sociétés. L'individu apparaît ainsi menacé par le danger
de la fragmentation et de la disparition. Ce phénomène est d'autant
plus troublant qu'il est contemporain d'une accélération générale de
l'obsolescence et d'une tendance à effacer instantanément ce qui
semble dépassé. Paradoxalement, l'ère de l'homme effaçable est aussi
celle de l'obsession de la mémoire. Certaines fictions font écho à cette
inquiétude qu'elles tentent de penser, notamment le roman Samedi , de
Ian McEwan, ou encore le film de Michel Gondry, Eternal Sunshine of
the Spotless Mind. On assiste donc à un changement de modèle, qui
fait la part belle au cerveau, au risque d'appauvrir notre conception
de la mémoire.