Les tiges de mil et les pattes du héron : lire et traduire les poésies orientales. Vol. 1. 2005-2007

Les «tiges de mil» et les «pattes du héron» sont l'image du désarroi.
Celui qui, dans l'un des poèmes tamouls étudiés ici, saisit la poétesse
quand elle se rend compte qu'elle n'est pas un objet d'amour pour
l'homme qui lui a promis le mariage, mais une proie pour un séducteur. Une
image qui convient parfaitement au poème, à la fois aimé et trahi par son
traducteur.
Comment illustrer dans la traduction française le champ de liberté que
représente le champ de mil ? Comment transmettre au lecteur le choc de la
désillusion, provoqué dans l'original par la superposition des tiges élancées
du mil et des longues pattes du héron ? Comment rendre en français cette
apparition paradoxale, imaginaire et réelle, qui fait éclater la vérité comme un
coup de théâtre ? Existe-t-il un type de difficultés spécifiques à la traduction
des poésies orientales ? Quelles solutions les traducteurs de langues orientales
peuvent-il apporter au dilemme de la traduction ?
Pour tenter de répondre à ce type de questions, il était nécessaire d'organiser
les conditions d'un dialogue entre des praticiens de la traduction, spécialistes
de langues et cultures orientales, et des spécialistes issus de différents
domaines des sciences humaines (sociologie, histoire, littérature comparée,
théorie de la littérature, esthétique, traductologie, etc.).
Le présent ouvrage constitue le premier volume des actes de la recherche
«Lire et traduire les poésies orientales» (2005-2012). Il traite principalement
des poésies de langues extrême-orientales (chinois, coréen, japonais,
vietnamien) et des poésies de langues indiennes (bengali, gujarati, kannada,
malayalam, panjabi, sanskrit, tamoul, télougou).